Intérêt et limites du bilan neuropsychologique..

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punaise  Intérèt et limites du bilan neuropsychologique..et après on fait quoi? :: [1248 lectures au 30 sept 2016]

 

Intérêts et limites du bilan neuropsychologique dans le cadre de l’expertise médico-légale…

Les personnes cérébrolésées sont très souvent soumises à des bilans neuropsychologiques. Ces bilans ont pour objectif d’apprécier nos performances cognitives (mémoire, attention,fonctions exécutives etc…) et dans le cadre de procédures d’apprécier d’éventuels déficits et séquelles pouvant ouvrir droit à réparation.
(Le bilan est aussi réalisé avec un autre objectif : mettre en avant les capacités restantes pour encourager la réadaptation. Les conclusions n’ont pas la même « tonalité » évidemment).

 

Le Pr Meulemans, qui dirige l’unité de neuropsychologie à Liège a publié un article : Intérêts et limites du bilan neuropsychologique dans le cadre de l’expertise médicolégale
Value and limitations of the neuropsychological evaluation in forensic practice
T. Meulemans © Springer-Verlag France 2011 Douleur analg. (2011) 24:S41-S55 DOI 10.1007/s11724-011-0248-6

Ecrit en 2010 ou 2011 cet article ne mentionne pas l’IRM de tenseur de diffusion. Capable de déceler des lésions, il devrait pouvoir s’affirmer comme examen pour « évacuer » la simulation et affecter un facteur lésionnel à nos problèmes cognitifs.

 

Quelques extraits ci-dessous

les effets test–retest,
peuvent être extrêmement importants et se manifester sur plusieurs mois, voire plusieurs années après la première passation[8,42]. Ainsi, une amélioration des performances à un test de mémoire qui a déjà été administré six mois à un an auparavant peut n’avoir aucune signification fonctionnelle en ce qui concerne la récupération de la fonction mnésique.

La validité écologique
de l’évaluation neuropsychologique intervient également, et de manière centrale, dans le cadre de l’expertise et de la réparation du dommage corporel. Le tort causé à un patient sur le plan de son fonctionnement cognitif ne peut en effet être évalué seulement à partir de ses résultats à un bilan cognitif ; cette évaluation nécessite de la part du neuropsychologue
qu’il recueille d’autres informations.

En effet,les fonctions cognitives s’exercent et se déploient dans des situations concrètes, et ce sont les conséquences du déficit cognitif dans la vie quotidienne qui donnent la vraie mesure du préjudice encouru par le patient.

Dans un premier niveau d’analyse, ce qui est en jeu dans l’évaluation du handicap peut être formulé comme suit :
le patient peut-il, après son atteinte cérébrale, accomplir normalement, c’est-à-dire comme il les accomplissait auparavant, les activités de sa vie quotidienne ? Un médecin peut-il toujours exercer l’art de guérir ? Un facteur peut-il encore poster correctement le courrier ?

Comment conclure à une diminution des capacités cognitives suite à un accident ?
On peut aisément concevoir la difficulté qu’il y a à répondre à une telle question. En effet, pour pouvoir déterminer un changement de capacités, encore faut-il connaître le niveau antérieur du sujet. Or, très rares sont les cas où un bilan cognitif avait déjà été réalisé avant l’accident.

…Les troubles dépressifs semblent donc se développer dans les suites du traumatisme crânien à la faveur d’une certaine prise de conscience des conséquences négatives du syndrome postcommotionnel.
En effet, les études qui se sont intéressées à la problématique de la simulation sont unanimes : le simple jugement clinique du psychologue ne suffit pas pour détecter les comportements de simulation.

 

Extrait de la conclusion du Pr Meulemans

« Nous avons souligné le fait que, dans de nombreuses situations — dont celle de l’expertise médicolégale —, le jugement clinique du psychologue ou du psychiatre, forgé au départ du seul entretien clinique, ne suffit pas.
Penser le contraire relève de la naïveté ou de la prétention. »

 

Et maintenant on fait quoi ?

Le bilan neuropsychologique est un outil intéressant, pour peu que sa mise en oeuvre et son interprétation soient correctement réalisées. Les principes de base ici rappelés, montrent malheureusement qu’ils ne sont pas toujours complètement appliqués…

…Combien sommes nous :
-Qui avons croisé un médecin expert qui en 15 mn de tests décide que tout va bien !
-Qui avons passé des tests d’une durée maximum d’ 1h-1h 30, ce qui est très insuffisant pour tester la fatigabilité…
-A souffrir de troubles psychiques … antérieurs à l’accident !

Si on se réfère à cet article très documenté, il me parait clair que dans la plupart des cas une partie des conclusions des bilans neuro-psy tels qu’ils sont réalisés sont inadaptées; et que pour reprendre l’expression de Manu dans un courrier: « des lacunes sont hors du champ de ce qui est testé ».

Dans tous ces cas on se retrouve en situation de surestimation de nos capacités ou de sous-estimation de nos déficits
…sans parler des nombreux bilans mettant en relief des déficiences notables… qui ne sont pas pris en considération à leur juste valeur parce que les médecins et experts des assurances (maladie et privées) n’ont pas une idée précise de l’impact au quotidien que ces déficiences entrainent. (On ne va même pas parler des conflits d’intérêt! cest encore un autre débat !!!)

…Oui, et maintenant on fait quoi ?

 

Pour lire l’article du Pr Meulemans dans son intégalité

intéret et limite bilan neuro-psychologique dans le cadre de l’expertise médico-légale. Pr Meulemans.

 

 

Pour plus d’info sur les problèmes cognitifs
http://www.cassetete22.com/handicap-cognitif-incidences-dans-la-vie-quotidienne

 

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